maj
du 2 avril 2008
La
page la plus pédagogique et convaincante sur cette question
est celle
rédigée par le Dr J.PHELPS sur son site
www.psychoeducation.org.
Voici le lien sur la page, en cours de traduction, horloges
biologiques
et troubles bipolaires
Une percée
scientifique
récente (17 mars 2006) relie la proteine GSK3, les
génes
d'horloge, les rythmes circadiens et l'action du lithium.
L'agomelatine est le
premier médicament précis des TB, qui agit sur
les rythmes circadiens.
Voir aussi la rubrique Modéles : horloges biologiques sur le site AITB
Biorythmes
Voici l'analyse que
fait A.WINFREE (ref1 )
de cette théorie populaire :
"Selon cette
théorie farfelue, nous
serions tous sous l'influence de cycles, comparables aux cycles
menstruels, mais beaucoup plus précis : contrairement aux
cycles
menstruels dont la période dépend des femmes et
de leur environnement,
les capacités physiques varieraient selon un cycle de 23
jours
exactement ; le tonus émotionnel suivant un cycle de 28
jours et
l'activité intellectuelle suivant un cycle de 33 jours"
"Quelle est la validité des biorythmes ?
Dans
les années 1970, les résultats d'une douzaine
d'études indépendantes
ont été publiées.
Plus de 40 000
cas de suicides et d'accidents divers ont été
étudiés en détail et
confrontés aux prévisions de la
théorie des biorythmes. Aucune
corrélation n'est apparue, et l'une des études
concluait : chacun
d'entre nous a ses bons et ses mauvais jours, mais les biorythmes ne
permettent pas de les prévoir."
Tout
le monde ressend des variations d'humeur (en positif
ou en négatif) qui peuvent être induites par un
grand nombre
d'évenements. Mais la théorie des biorythmes
n'est qu'une superstition
populaire.
Troubles bipolaires et horloge biologique
Il y
a
de nombreuses relations entre le trouble bipolaire et les horloges
biologiques :
-
Les épisodes reviennent (en
l'absence d'événement déclenchants)
avec régularité
-
Le sommeil est réduit en
excitation et allongé en dépression.
-
Les variations d'horaire (travail
posté ou décalage horaire) sont des
événements déclenchants
- La
privation de sommeil est un
traitement contre les récidives dépressives
- Le
forçage du sommeil retarde (mais ne
bloque pas) les crises maniaques.
Les autres rythmes biologiques
a) rythme circadien
b) rythme des saisons
c) menstruations
d) rythmes cardiaques
e) type cellules et horloges internes.
Trouble bipolaire et rythme circadien
a). Jet-lag et travail posté.
b). Durée du sommeil.
c). Interaction entre durée de sommeil et
dépression/excitation.
Les acquis de la recherche sur les rythmes biologiques
a) L'homme
a un rythme circadien d'environ 25
heures.
Ce rythme subit un recalage avec la
lumière du jour.
Dans les mouvements périodiques (rythmes des
marées, passage de
fuseaux horaires, etc..) il y a des points de convergences,
appelés
points amphidromiques pour les marées ou
singularité de phase.
De nombreuses fonctions physiologiques varient suivant le
rythme
circadien :
la température corporelle
le seuil de sensibilité au
froid
la sensibilité au courant
électrique
La durée de
l'anesthésie
la concentration du cortisol dans le sang
l'efficacité des
chimiothérapies et des
radiothérapies
Lumiére et mélatonine
La resynchronisation
utilisation d'un tore
resynchronisations paire et impaires
horloges simples : toujours paire.
resynchrisation suivant
l'intensité de la stimulation
Le coeur et les singularité de phase
Les communautés d'horloges.
Compromis de phase entre les horloges
couplées
Coloriage du tore
Trajectoires dans l'espace des phases. (Ref1)
b). La constitution de lignées de souris knock-out avec les génes
d'horloge (Bmal1, Per2, Clock) invalidés un à un, a permit d'étudier
les fonctions des différents génes, leurs redondances et leur
relations. "Le système circadien des mammiféres est
organisé selon un modéle
hiérarchisé dans lequel une horloge centrale
située dans noyaux
supra-chiasmatiques (NSC) de l'hypothalamus qui est composée
d'une voie
de synchronisation lumineuse via l'axe rétino-hypothalamique
et d'un
oscillateur moléculaire auto-entretenu, commande et
synchronise, via
des signaux probablement de nature neurohormonale, une multitude
d'horloges périphériques." Une
expérience récente semblerait indiquer
"que les organes périphériques
possédent des oscillateurs
auto-entretenus synchronisés de maniére
spécifique, et que les NSC
auraient pour principal rôle de coordonner les oscillateurs
des
différents tissus périphériques
plutôt que de les commander " ( Ref
4). Une synthése de mars 2008 (Ref 5) montre que "la
redondance génétique et les mécanismes de couplage cellulaire
permettent de construire différents types d'horloge possédant divers
degrés de plasticité et de robustesse".
Une percée récente : GSK3, Rev-Erb-alpha lithium
et rythmes circadiens.
Dans la
revue "Science" du 17 février 2006, Yin
& col démontrent l'existence d'une boucle de
régulation entre le lithium, les rythmes circadiens, le
récepteur Rev-Erb-alpha et le géne Bmal1. En
annexe un scan
(pas terrible) de cet article.
Cette article est analysé dans la revue "Scientist"
à la même date, et traduit
ci-dessous. Un graphique
des mécanismes en cause a
été fait par J.Phelps sur son site
psychoeducation.org, avec quelques pages annexes.
Le 11 janvier 2008, dans la revue Cell, un article de Beaulieu et
col. montre que la beta-arrestin 2 est le modulateur de l'expression de
GSK3 et que le lithium est sans action sur des souris knock-out
pour la beta-arrestin 2. Ce résultat montre un cible
pharmacologique précise pour avoir un médicament spécifique pour
traiter le trouble bipolaire, sans les effets secondaires liès à
l'action générale du lithium sur d'autres cibles (la peau, par exemple
avec le psoriasis).
Cette
floraison d'analyses montre l'importance de la percée
scientifique dans la compréhension des mécanismes
du TB.
Cette avancée dans la compréhension scientifique
ne se
traduit pas encore dans une avancée
thérapeutique, mais
est la promesse d'une recherche pharmacologique
précise et
non menée à l'aveugle, par criblage à
haut
débit.
Une étude de l'université de Berlin
(decembre 2007) montre qu'un alléle particulier du géne GSK3 est
nécessaire pour que le lithium soit efficace. Un test génétique sur cet
allèle pourrait alors déterminer, avant traitement, les bipolaires
( les unipolaires ??) susceptibles d'être mis efficacement sous
lithium.
Références
R1. Arthur Winfree Les
horloges de la vie
: les mathématiques des rythmes biologiques Pour la science (BELIN)
1997
R2. Arthur Winfree
The geometry
of biological time. Springer-Verlag
1980
R3. Steven Strogatz
SYNC : the
emergeous science of spontaneous order. Hyperion 2003
R4. Michèle
Teboul et
Franck Delaunay Ni
maître ni esclave chez les horloges biologiques Médecine-Sciences
Juillet-Aout 2004
R5. Hugues Dardente.
Redondance génétique et synchronisation cellulaire dans les horloges circadiennes.
Medecine-Sciences. Mars 2008.
Eli R,
Fasciano J
A
chronopharmacological diagnostic test and treatment for bipolar
disorder and depression: Nitric oxide release during sleep causes it to
become depressogenic in a subset of patients.
Med Hypotheses. 2006;66(1):72-5.
In
some patients sleep can have a depressogenic effect and sleep reduction
can result in mania. The hypothesis on which this model is based
postulates that it is nitric oxide release during sleep that causes it
to become depressogenic in a subset of patients. That subset is
comprised of patients with genetic polymorphisms in nitric oxide genes
and/or in serotonin and melatonin genes. The nature of the dynamic
equilibrium between nitric oxide, on the one hand, and serotonin and
melatonin, on the other, determines whether or not sleep is likely to
have a depressogenic effect. Changes throughout the sleep cycle thereby
impart a chronological factor to the dynamic equilibrium. Other writers
have postulated, but not defined, a certain so-called "critical period"
during the sleep cycle when sleep can become particularly
depressogenic. This model assumes that in fact there is such a critical
period and that it is stage IV sleep. In addition to the chronological
influences on the dynamic equilibrium, the aging process also exerts an
influence. The increased sleep fragmentation associated with the aging
process causes stage IV sleep to become increasingly more depressogenic
because of a concept called delta rebound. Delta rebound results in
deeper sleep intensity. It is associated with increased nitric oxide
production and the concomitant serotonin suppression that is associated
with it. The chronopharmacological test that is proposed challenges the
dynamic equilibrium between nitric oxide, on the one hand, and
serotonin and melatonin on the other. It consists of melatonin taken at
bedtime and the antidepressant moclobemide, taken as close to the onset
of stage IV sleep as possible. If there is a noticeable lessening of
depressive symptoms the following morning, then drug treatments that
increase serotonin and/or melatonin are appropriate and drugs that
suppress or block serotonin or melatonin, or that increase nitric
oxide, are not.
L'agomélatine, un
régulateur prometteur des rythmes biologiques.
Dans le numéro d'octobre 2005 de la revue
Médecine
sciences (Volume 21, numéro 10, Octobre 2005 p
888-93)
http://www.erudit.org/revue/ms/2005/v21/n10/index.html
Elisabeth Macaer, Bruno Delalleau, Pierre-Alain Boyer et Christian de
Bodinat du Laboratoire Servier détaillent les objectifs
pharmacologiques de la recherche sur
l'agomélatine. La
cible marketing - évidente - pour toutes les nouvelles
molécules est le marché des
antidépresseurs,
étant donné sa taille. Mais, à lire
les
propriétés régulatrices de cette
substance, cette
molécule pourrait bien être plutôt un
excellent
thymorégulateur. Les troubles bipolaires ont, en effet, un
rapport très étroit avec les perturbations du
rythme
circadien, comme le montre ce résumé du Dr Phelps
sur son
excellent site www.psycheducation.org.
http://www.aitb-bipolaire.org/PHelpsclock.htm
" Divers axes de recherche ont été
suivis pour
obtenir de nouveaux traitements de la dépression plus
efficaces,
mieux tolérés et d’action plus rapide.
Parmi ces
axes de recherche, la mélatonine, synchronisateur
endogène des rythmes biologiques chez les
mammifères,
suscite un intérêt croissant dans la mesure
où la
désorganisation des rythmes circadiens est
caractéristique d’un grand nombre de troubles de
l’humeur. L’agomélatine est un
antidépresseur
qui se distingue par des propriétés agonistes
pour les
récepteurs mélatoninergiques (MT1 et MT2) ; ses
propriétés agonistes ont
été
confirmées lors d’études in vivo,
l’agomélatine améliorant les
perturbations des
rythmes circadiens observés dans différents
modèles animaux. La propriété
antidépressive de l’agomélatine a
été
mise en évidence dans plusieurs modèles animaux
validés, dont les tests de la nage forcée, de la
résignation acquise ou du stress chronique
modéré.
De façon tout à fait intéressante,
l’activité antidépressive de
l’agomélatine ne repose pas uniquement sur une
action
chronobiotique : en fait, l’agomélatine
présente
une activité antagoniste sur les récepteurs
5-HT2C, et ce
aux doses antidépressives. Par ailleurs, l’absence
d’affinité de l’agomélatine
vis-à-vis
d’un large éventail de récepteurs lui
confère un excellent profil de
sécurité,
particulièrement avantageux par rapport aux
antidépresseurs déjà sur le
marché (pas de
désordres gastro-intestinaux ni de perturbations de la
fonction
sexuelle ou du sommeil). L’agomélatine inaugure
donc un
nouveau concept dans le traitement de la dépression."
Les actuelles techniques de privation de sommeil
sont
dures à l'usage. Les simulateurs d'aube sont
modérement
efficaces et la privation de lumière (pour contrer la manie)
difficile à mettre en oeuvre dans nos
sociétés
modernes. L'agomélatine, si ses
propriétés se
confirment en phases III, pourrait être le
médicament précis des troubles bipolaires.
L'action du
lithium, du depakote et des autres thymos actuels est certes
très souvent efficace, mais touche de trop nombreuses cibles
pour ne pas provoquer des effets secondaires souvent fort
désagréables et même parfois pires que
leur effet
bénéfique. L'agomélatine en agissant
spécifiquement sur la régulation des rytmes
biologiques,
sans toucher les autres neurorécepteurs, ni des organes
forts
éloignés (le rein, la thyroide, la peau, la
composition
sanguine, etc..) pourrait être, si ses promessent se
confirment,
un thymorégulateur plus proche de l'idéal.
Soyons mesurés : ces résultats
concernent une
expérimentation animale. ils sont très
préliminaires dans le développement d'un
médicament. Il reste à confirmer
l'inocuité du
produit sur des volontaires sains (essais cliniques de phase I) et les
effets positifs sur des malades (essais cliniques de phase II).
L'agomélatine est un grand espoir, mais ce n'est pas la
certitude d'un traitement efficace sans effets secondaires.
2005 OCT 31 - (NewsRx.com) --
Treatment with the novel melatoninergic agonist agomelatine has
produced encouraging results in transgenic depressed mice.
Researchers in Canada conducted a study "to evaluate the efficacy of
agomelatine (S 20098) to accelerate reversal of the
neuroendocrinological, behavioral and cyclical changes seen in a
transgenic mouse model of the neuroendocrine characteristics of
depression."
"The effects of agomelatine were assessed in transgenic mice with low
glucocorticoid receptor (GR) function, after acute stress or induced
phase shift, and compared to desipramine and melatonin," explained N.
Barden and coauthors at CHU Laval. "Mice were injected 2 h before the
onset of the dark period with agomelatine (10 mg/kg, i.p.), desipramine
(10 mg/kg, i.p.), melatonin (10 mg/kg, i.p.) or vehicle
(hydroxy-ethyl-cellulose (HEC) 1%) each day for 21 to 42 days."
"Agomelatine was effective in reversing the transgenic mouse behavioral
changes noted in the Porsolt forced swim test as well as in the
elevated plus maze," the scientists found. "Both the number of open arm
entries and the total time spent in open arms of the elevated plus maze
is greatly increased in transgenic mice." and the "mean time spent in
open arms is exquisitely sensitive to reversal by agomelatine and
desipramine."
"Agomelatine also markedly accelerated readjustment of circadian cycles
of temperature and activity following an induced phase shift," test
resuls revealed. "This action of agomelatine was superior to that of
melatonin while desipramine was without effect."
"The accelerating effect of agometatine was particularly notable if
treatment was started 3 weeks prior to the induced phase shift,"
according to the report. "Agomelatine treatment did not cause any major
change in corticosterone or adrenocorticotropic hormone (ACTH)
concentrations nor in vasopressin (AVP), corticotropin-releasing
hormone (CRH), GR and mineralocorticoid receptor (MR) mRNAs levels,
which make it unlikely that the mechanism of agomelatine action is
related to hypothalamic-pituitary-adrenocortical (HPA) axis changes."
"The present study shows that agomelatine displays some characteristics
of antidepressant drug action in the transgenic mouse model, effects
that could be partially related to its chronobiotic properties," the
investigators concluded.
Barden and colleagues published their study in Progress in
Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry
(Antidepressant
action of agomelatine (S 20098) in a transgenic mouse model. Prog
Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry, 2005;29(6):906-914).
For additional information, contact N. Barden, CHU Laval, Research
Centre, 2705 Blvd. Laurier, Quebec City, PQ G1V 4G2, Canada.
Publisher contact information for the journal Progress in
Neuro-Psychopharmacology & Biological Psychiatry is:
Pergamon-Elsevier Science Ltd., the Boulevard, Langford Lane,
Kidlington, Oxford OX5 1GB, England.
Keywords: Quebec City, Quebec, Canada, Agomelatine, Antidepressant,
Depression, Desipramine, Endocrinology, Glucocorticoid Receptors,
Hormones, Hypothalamic Pituitary Adrenocortical Axis, Melatonin, Mental
Health, Mineralocorticoid Receptors, Neurology, Pituitary Gland,
Transgene, Transgenic Mice, Transgenics.
This article was prepared by Pain & Central Nervous System Week
editors from staff and other reports. Copyright 2005, Pain &
Central Nervous System Week via
NewsRx.com.
Eli R, Fasciano J
A
chronopharmacological diagnostic test and treatment for bipolar
disorder and depression: nitric oxide release during sleep causes it to
become depressogenic in a subset of patients.
Med Hypotheses. 2006;66(1):72-5.
In
some patients sleep can have a depressogenic effect and sleep reduction
can result in mania. The hypothesis on which this model is based
postulates that it is nitric oxide release during sleep that causes it
to become depressogenic in a subset of patients. That subset is
comprised of patients with genetic polymorphisms in nitric oxide genes
and/or in serotonin and melatonin genes. The nature of the dynamic
equilibrium between nitric oxide, on the one hand, and serotonin and
melatonin, on the other, determines whether or not sleep is likely to
have a depressogenic effect. Changes throughout the sleep cycle thereby
impart a chronological factor to the dynamic equilibrium. Other writers
have postulated, but not defined, a certain so-called "critical period"
during the sleep cycle when sleep can become particularly
depressogenic. This model assumes that in fact there is such a critical
period and that it is stage IV sleep. In addition to the chronological
influences on the dynamic equilibrium, the aging process also exerts an
influence. The increased sleep fragmentation associated with the aging
process causes stage IV sleep to become increasingly more depressogenic
because of a concept called delta rebound. Delta rebound results in
deeper sleep intensity. It is associated with increased nitric oxide
production and the concomitant serotonin suppression that is associated
with it. The chronopharmacological test that is proposed challenges the
dynamic equilibrium between nitric oxide, on the one hand, and
serotonin and melatonin on the other. It consists of melatonin taken at
bedtime and the antidepressant moclobemide, taken as close to the onset
of stage IV sleep as possible. If there is a noticeable lessening of
depressive symptoms the following morning, then drug treatments that
increase serotonin and/or melatonin are appropriate and drugs that
suppress or block serotonin or melatonin, or that increase nitric
oxide, are not. [Abstract]
Action du lithium sur les
rythmes circadiens
Une
étude
montre que le lithium régule l'expression des
génes de
l'horloge circadienne à travers un récepteur
hormonal
spécifique
http://www.the-scientist.com/news/display/23129/
Melissa Lee Phillips
[Publié
le 17th February 2006 05:23 PM GMT]
Le traitement au lithium tend à
synchroniser les
oscillations circadiennes des cellules humaines à travers le
récepteur hormonal spécifique Rev-erb-alpha,
indique une
étude parue dans Science le 17 mars 2006. Ce circuit
moléculaire soustend les effets du lithium sur l'horloge
circadienne sur les patients atteint du trouble bipolaire, cette
maladie étant associée avec des rythmes
circadiens
aberrants.
Il avait auparavant
été établi que
Rev-erb-alpha est une partie du mécanisme de l'horloge
circadienne et que le lithium agit sur une protéine
impliquée dans la mise en oeuvre du rythme circadien, le
glycogene synthase kinase 3b (GSK3b), nous a dit Eric Herzog
de
Washington University (St. Louis, USA), qui n'a pas
été
impliqué dans cette recherche. Les auteurs de l'article "ont
lié ces deux histoires", a noté Herzog,
demontrant "une
interaction vraiment convaincante entre le lithium, le GSK3, et les
génes circadiens"
Dans la boucle moléculaire
classique du rythme
circadien chez les mammiféres, les facteurs de transcription
BMAL1 et CLOCK activent les genes d'horloge Per and Cry, dont les
proteines réagissent en retour (feed back,
rétroaction)
avec le noyau pour inhiber leur propre transcription. Plusieurs
années auparavant, les biologistes avaient
découvert une
autre boucle parallèle de rétroaction impliquant
le
récepteur Rev-erb-alpha. Précisément,
le
BMAL1-CLOCK heterodime active aussi la transcription de Rev-erba, et la
proteine Rev-erba rétroagit et réprime la
transcription
de Bmal1.
Dirigé par le premier auteur
cité Lei Yin
sous l'autorité du senior Mitchell Lazar (dernier
cité,
comme de coutume), les chercheurs de l'Université de
Pennsylvanie ont remarqué que Rev-erba contient plusieurs
sites
potentiels pour la phosphorylation de GSK3b, a dit Lazar au
"Scientist". Des travaux précédents ont
montré que
les mutations dans l'homologue chez la Drosophile de GSK3b allonge la
période circadienne des mouches. "Nous avions
réalisé que GSK3b était un merveilleux
candidate"
pour expliquer comment des signaux externes peuvent influencer la
boucle de rétroaction du Rev-erba , dit Lazar.
Lui et ses collegues ont trouvé
que l'inhibition
de GSK3b avec siRNA dans les cellules embryonniques humaines dirige une
perte presque compète de la protéine
Rev-erb-alpha, ce
qui suggère que GSK3b est nécessaire pour la
stabilisation de Rev-erb-alpha. Ils ont aussi trouvé que le
traitement des cultures avecdu sérum à haute
concentration - connu pour synchroniser les oscillations circadiennes -
inhibe l'activité de GSK3b par la phosphorylation. De
nouveau,
l'expression de la protéine Rev-erb-alpha chute, et la
transcription Bmal1 est activée, ce qui recommence un cycle
de
24 heure d'expression du gène, dit Lazar.
Les auteurs ont ensuite traité
ces cellules avec
du lithium, le lithium étant connu pour inhiber GSK3b. Ils
trouvent que le traitement au lithium aussi réduit le niveau
des
protéines Rev-erb-alpha et induit une transcription de Bmal1.
Au surplus, les chercheurs ont
trouvé que le
choc sérologique ne peut initialier des
oscillations
circadiennes dans les cellules. Si Rev-erb-alpha est
remplacé
par une forme mutante résistante à la
dégradation.
"Si Rev-erb ne pêut être
dégradée, l'horloge
ne démarre jamais" dit Lazar. Quelque chose dans le serum
est
responsable pour la dégradation de Rev-erb-alpha, dit Lazar,
mais "nous somme encore en train d'essayer de déterminer
quelle
clef hormonale est responsable de la phosphorylation de GSK3."
Les chercheurs ont aussi
découvert que le
traitemnt au lithium ne peut induire l'axpression de Bmal1 en l'absence
de Rev-erb-sauvage, suggérant que le lithium initialise des
oscillations circadiennes en dégradant Rev-erba.
En dépit de ces
évidences, Herzog pense
que le groupe de Lazar ne peut encore dire que ce chemin
moléculaire est celui du rythme circadien ou du trouble
bipolaire in vivo.
Au surplus, dans beaucoup
d'experimentationss, les
chercheurs ont employé des concentrations de
lithium qui
sont "environ vingt fois plus hautes que les doses
thérapeutiques usuelles de lithium", a
déclaré Husseini Manji du NIMH, qui
n'est pas un
co-auteur, au "Scientist". Les auteurs ont montré qu'une
action
du lithium à des doses cliniques usuelles réduira
aussi
les protéines Rev-erba et induira la transcription de Bmal1,
mais leurs conclusions auraient été plus fortes
si chaque
expérience avait utilisé des concentrations de
lithium
plus faibles, a déclaré Manji. Ce travail
suggère
que la dégradation de Rev-erb-alpha peut être une
cible
potentielle pour développer un nouveau traitement pour le
trouble bipolaire ou pour les désordres du rythme circadien,
a
ajouté H.Manji.
Melissa Lee Phillips
mlp@nasw.org
Links within this article
L. Yin et al., "Nuclear receptor Rev-erba
is a critical
lithium-sensitive component of the circadian clock," Science, February
17, 2006.
http://www.sciencemag.org
M. Abe et al., "Lithium lengthens the
circadian period
of individual suprachiasmatic nucleus neurons," Neuroreport, September
28, 2000.
PM_ID: 11043560
A. N. Schweitzer, "Bipolar understanding,"
The Scientist, March 29, 2004.
http://www.the-scientist.com/article/display/14555/
H. A. Mansour et al., "Circadian genes and
bipolar disorder," Annals of Medicine, May 2005
PM_ID: 16019718
Eric Herzog
http://www.biology.wustl.edu/faculty/herzog/
S. M. Reppert et al., "Molecular analysis
of mammalian circadian rhythms," Annual Review of Physiology, 2001.
PM_ID: 11181971
K. Y. Kreeger, "Collecting clues to the
mammalian clock," The Scientist, April 15, 2002.
http://www.the-scientist.com/article/display/12992/
N. Preitner et al., "The orphan nuclear
receptor
REV-ERBalpha controls circadian transcription within the positive limb
of the mammalian circadian oscillator," Cell, July 26, 2002.
PM_ID: 12150932
Mitchell Lazar
http://www.med.upenn.edu/lazarlab/
S. Martinek et al., "A role for the segment
polarity gene shaggy/GSK-3 in the Drosophila circadian clock," Cell,
June 15, 2001.
PM_ID: 11440719
A. Balsalobre et al., "A serum shock
induces circadian gene expression in mammalian tissue culture cells,"
Cell, June 12, 1998.
PM_ID: 9635423
K. Kreeger, "High-throughput technology
tackles circadian rhythms," The Scientist, November 17, 2003.
http://www.the-scientist.com/article/display/14254/
P. S. Klein et al., "A molecular mechanism
for the effect of lithium on development," PNAS, August 6, 1996.
PM_ID: 8710892
Husseini Manji
http://intramural.nimh.nih.gov/research/pi/pi_manji_h.html
Homeostatic Regulation of Sleep
in a Genetic Model of Depression in the Mouse: Effects of Muscarinic
and 5-HT1A Receptor Activation
Daniela Popa1,
Malika El Yacoubi2,
Jean-Marie Vaugeois2,
Michel Hamon1 and
Joëlle Adrien1
Neuropsychopharmacology
(2006) 31, 1637–1646.
doi:10.1038/sj.npp.1300948; published online 9 November 2005
- 1UMR
677 INSERM/UPMC, Institut National de la Santé et de la
Recherche
Médicale, Université Pierre et Marie Curie,
NeuroPsychoPharmacologie,
Boulevard de l'Hôpital, Paris Cedex, France
- 2Centre
National de la Recherche Scientifique, UMR 6036,
Neuropsychopharmacologie Expérimentale, Institut
Fédératif de
Recherches Multidisciplinaires sur les Peptides 23, Unité de
Formation
et de Recherche Médecine et Pharmacie, Boulevard Gambetta,
Rouen Cedex,
France
Correspondence: Dr D Popa, UMR 677
INSERM/UPMC, Faculté de Médecine Pitié
Salpêtrière, 91, Boulevard de
l'Hôpital, 75634 Paris Cedex 13, France. Tel: +33 1 40 77 97
13; Fax:
+33 1 40 77 97 90; E-mail: popa@ext.jussieu.fr
In
depressed patients, sleep undergoes marked alterations, especially
sleep onset insomnia, sleep fragmentation, and disturbances of the
Rapid Eye Movement (REM) sleep. Abnormalities of rest-activity rhythms
and of hypothalamic–pituitary–adrenocortical
function have also been
described in these patients. In the present study, we examined the
presence of such abnormalities in a recently developed line of mice
(Helpless mice-H) that exhibit depression-like behaviors in validated
tests, compared to the nonhelpless (NH) line derived from the same
colony. Experiments were essentially carried out in females for which
previous studies showed marked differences between H and NH lines.
Compared to NH mice, the H line exhibited (i) lower basal locomotor
activity, (ii) sleep fragmentation, shift towards lighter sleep stages,
and facilitation of REM sleep reflected by increased amounts and
decreased latency, (iii) larger response to the REM sleep promoting
effect of muscarinic receptor stimulation (by arecoline). In contrast,
H and NH mice were equally responsive to the REM sleep inhibitory
effect of 5-HT1A receptor stimulation (by
8-OH-DPAT). In
addition, a deficiency in delta power enhancement after sleep
deprivation was observed in the H group, and acute immobilization
stress in this group failed to elicit a REM sleep rebound and was
associated with a long-lasting raise in serum corticosterone levels.
These results further validate H mice as a depression model and suggest
they might be of particular interest for investigating the
neurobiological mechanisms and possibly genetic substrates underlying
sleep alterations associated with depression.
L'horloge circadienne centrale et les
horloges périphériques - décentralisation et
contrôle hiérarchique. Benoit Kornmann
Medecine-sciences avril 2007, p 349
Ce chercheur du laboratoire de Biologie Moléculaire de
l'Université de Genève a étudié le
transcriptome hépatique chez une lignée de souris
transgéniques ou l'horloge circadienne locale a
été inactivée (dox-), mais peut être
rétablie par ajout de doxycycline à l'alimentation. Les
transcripts et leur abondance ont été
étudiés à l'aide de puces à ADN, tout au
long du rythme circadien.
Son étude montre que le gène mPer2 est tout
à la fois un rouage essentiel de l'horloge cellulaire locale et
un gène contrôlé par des signaux systèmiques.
.
A beta-arrestin 2 Signaling Complex Mediates Lithium Action on Behavior.
Department of Cell Biology, Duke University Medical Center, Durham, NC, USA.
Cell. 2008 Jan 11;132(1):125-36
Besides
their role in desensitization, beta-arrestin 1 and 2 promote the
formation of signaling complexes allowing G protein-coupled receptors
(GPCR) to signal independently from G proteins. Here we show that
lithium, a pharmacological agent used for the management of psychiatric
disorders such as bipolar disorder, schizophrenia, and depression,
regulates Akt/glycogen synthase kinase 3 (GSK3) signaling and related
behaviors in mice by disrupting a signaling complex composed of Akt,
beta-arrestin 2, and protein phosphatase 2A. When administered to
beta-arrestin 2 knockout mice, lithium fails to affect Akt/GSK3
signaling and induce behavioral changes associated with GSK3 inhibition
as it does in normal animals. These results point toward a
pharmacological approach to modulating GPCR function that affects the
formation of beta-arrestin-mediated signaling complexes.
Le lithium dans les traitements contre la dépression : histoire de gène
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/52362.htm
Une étude de l'Université de médecine de Berlin, la Charité, montre
qu'il existe un facteur génétique favorisant le succès des thérapies au
lithium. 81 patients atteints de dépression aiguë et pour lesquels un
traitement antidépresseur ne s'est pas montré efficace, ont ainsi
participé à une étude, qui a permis de mettre en évidence ce facteur.
Pendant une durée allant jusqu'à 8 semaines, du lithium a été
administré à ses patients. Cet élément n'est pas considéré comme
antidépresseur, mais plutôt comme moyen pour modérer les changements
d'humeur, en particulier dans les cas de troubles maniaco-dépressifs.
En étudiant le gène GSK3B chez les patients, les chercheurs ont montré
que ceux qui possédaient une certaine modification dans ce gène
réagissaient mieux : en effet, après 4 semaines, 56% ont montré des
améliorations significatives. En revanche, chez les individus ne
présentant pas cette modification ces améliorations n'ont été observées
que dans 31% des cas.
Bien connu des chercheurs qui s'intéressent aux troubles
psychiques, le gène GSK3B code pour l'enzyme 3-beta glycogène synthase
(GSK3B), qui elle-même fixe le lithium administré. Ce mécanisme permet
alors la synthèse de protéines assurant la survie et le développement
des cellules nerveuses et a également une grande influence sur notre
horloge interne, qui est en relation étroite avec les états dépressifs.
En Allemagne, près de 4 millions de personnes souffrent de
dépression nécessitant un traitement. Pour près de deux tiers des
patients sous antidépresseurs, cette thérapie n'est pas suffisamment
efficace. L'administration de lithium pourrait représenter une
stratégie intéressante, mais n'est souvent pas exploitée, par crainte
d'effets secondaires. Un test génétique pourrait permettre, à l'avenir,
de prédire pour chaque personne, si le lithium peut venir en aide au
patient. L'Université de Bonn en collaboration avec l'Institut national
de santé mentale (Institute National of Mental Health) aux Etats-Unis
viennent de débuter des études afin de confirmer ces résultats et
d'identifier d'autres facteurs génétiques.
Pour en savoir plus, contacts :
Dr. Mazda Adli, Directeur du Groupe troubles affectifs - Clinique
de psychiatrie et psychothérapie (CCM) de la Charité -
Universitätsmedizin Berlin, Charitéplatz 1, D10117 Berlin - tél : +49
30 450 517 146, fax : +49 30 450 417 944 - email : mazda.adli@charite.de - http://www.charite.de/psychiatrie/
Source : Communiqué de presse idw, Hopital La Charité à Berlin - 10/12/2007
Rédacteur : Nicolas Tinois, nicolas.tinois@uni-bonn.de