Références
(SGDG)
L’Information
Psychiatrique, Volume 76, Mai 2000, Pages 501 à 614.
La psychiatrie « attrape-tout » dans les services
d’urgences des hôpitaux
généraux, par N. Horassius-Jarrié et
E. Baldo
521
Urgences psychiatriques et violences, par L.
Daligant
535
Réflexions concernant les modalités de prise en
charge des patients suicidants en urgence et post-urgence, par M.
Walter 541
L’évolution des centres de crise, par G.
Baillon 549
Le CPOA : bilan et perspectives, par M.J. Guedj, G. Massé,
P. Lana et coll.
556
Accélération des traitements, fragmentation des
évolutions : vers la fast-psychiatrie ? par B
Odier 563
Evolution et enjeux des urgences en France, par B.
Riou 569
Les principaux textes administratifs concernant les urgences en
psychiatrie, liste établie par J.-P. Tachon
576
La psychiatrie « attrape-tout » dans les services
d’urgences des hôpitaux
généraux (N.
HORASSIUS-JARRIÉ, E. BALDO).
Après un rappel général de
l’histoire des urgences en psychiatrie, les auteurs
envisagent leur évolution ces dernières
années au sein des services d’urgences des
hôpitaux généraux.
L’expérience aixoise permet de discerner une
évolution : la perception de la psychiatrie par les
« somaticiens » s’est modifiée
et son aide psychologique de plus en plus
appréciée. Dans le reste de
l’hôpital, elle est également
sollicitée tant pour la psychiatrie de liaison que pour la
psychiatrie de catastrophe ou encore l’aide aux victimes des
maltraitances, dans la consultation antidouleur et en soins palliatifs.
Assistons-nous là aux prémisses d’une
profonde modification de l’exercice médical et
psychiatrique ?
Urgence psychiatrique et
violence (L. DALIGAND).
Les services d’urgences sont les lieux où se
traitent toutes les violences. Les acteurs de la violence donnent
à comprendre des dysfonctionnements qui varient suivant
qu’il s’agit d’un suicidant,
d’un boulimique, d’un anorexique, d’un
toxicomane, d’un psychotique, d’un
névrosé. Les victimes de violence viennent sur la
même scène de l’urgence et
l’on retrouve toujours chez elles la dissociation du rapport
vie/mort. Le soin se fait au risqué de la violence et impose
au violent, comme à sa victime, de se faire violence. Des
measures concretes peuvent être proposes afin de mieux
gérer les phénomènes de violence.
Réflexions concernant les modalités de prise en
charge des patients suicidants en urgence et post-urgence
(M. WALTER).
L’importance du risque de récidive et de
décès ultérieur par suicide chez les
suicidants justifie la mise en place de modalités
spécifiques. Du fait de la multiplicité des
facteurs impliqués dans le déterminisme du
suicide, ces modalités à la fois
hospitalières et post-hospitalières, doivent
être intégrées à un
programme global de prévention, faisant intervenir de
façon coordonnée différents acteurs
psychosociaux. La standardisation de telles procédures ne
doit toutefois pas faire oublier la singularité propre de
chaque histoire suicidaire.
Évolution des
centres de crise (G. BAILLON).
Les Centres d’accueil et les Centres de crise ne peuvent
être dissociés les uns des autres
malgré leur intitulé différent dans
l’arrêté du 14 mars 1986. Seul un
historique permet de décoder le sens de la
diversité actuelle. Ensemble, ils se sont
développés soit en soutenant la psychiatrie de
secteur soit parfois en la contrecarrant. Avec une équipe
motivée et entraînée à ce
travail, un Centre de crise peut constituer un outil de soin
remarquable pour appliquer une partie de la politique de secteur, celle
qui concerne la séquence du début des soins.
Le CPOA :
Bilan et perspectives (M.-J. GUEDJ, G.
MASSÉ, P. LANA, M. FOUILLET, M. MAZODIER, M. WEILL, N.
SCHMIT, P. RAYNAUD).
Les auteurs font le point sur le bilan actuel du CPOA après
plus de trente ans d’existence et proposent une actualisation
de ses missions et de ses projets en s’appuyant sur une
vision des urgences psychiatriques dans une perspective de
santé publique mais aussi et surtout dans leur
réalité, des initiatives prises en fonction des
espaces laissés vacants par les autres démarches
(espaces auxquels le CPOA est rapidement confronté). Cette
actualisation s’inscrit dans une vision projective des
urgences psychiatriques en région parisienne.
Accélération
des traitements, fragmentation des évolutions : vers la
fast-psychiatrie ? (B. ODIER)
De la politique étrangère réduite
à l’action humanitaire d’urgence,
à l’hégémonie sur le plan
économique et écologique des choix à
court terme, la société se détourne
des choix à long terme. Le culte de l’urgence se
développe sous l’égide de la
nécessité de répondre aux besoins. La
psychiatrie est entraînée dans cette
évolution qui pourtant la condamne. Quoi de plus
contradictoire avec la temporalité du travail psychique que
le fait d’être pressé ?
L’auteur examine sous cet angle la situation des suicidants.
Il se penche aussi sur le découpage en crises et
décompensations des évolutions au long cours.
Evolution et
enjeux des urgences en France (B. RIOU).
Les préoccupations sont les suivantes :
-1) La gestion des flux de patients en augmentation continuelle
d’une année sur l’autre, liée
surtout à l’implication de plus en plus
réduite de la médecine de ville ; -2) La
réforme des services d’urgence qui
définit les exigences pour toute structure accueillant des
urgences, en fonction de leur niveau de prise en charge. Des textes
législatifs imposent maintenant des normes de fonctionnement
;
-3) La « séniorisation » obligatoire des
médecins concernés, leur statut (titulaire ou
vacataire), les moyens alloués au fonctionnement des
urgences ;
-4) La formation des médecins des urgences et la
définition de la médecine polyvalente
d’urgence comme spécialité ou non. Les
enjeux sont considérables en termes de santé
publique.