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dernière mise-à-jour 27 avril 2007

Un article précis et détaillé sur les mesures psycho-éducatives dans le trouble bipolaire et un programme détaillé de ces séances. La psychoeducation est considérée, en 2006 et 2007, comme la voie principale pour une meilleure efficacité, en l'absence de progrés pharmacologiques décisifs.  C'est ce que montrent les interventions au Congrés de l'ISBD en 2006, et une interview récente du Dr Christian GAY. La psycho-education est efficace mais demande des ressources très spécialisées et est difficilement généralisable dans un système de centres de santé communautaires (comme les secteurs en France, sans compter les préjugés idéologiques). Une étude anglaise récente teste l'efficacité d'une approche plus légère.  Dans le gigantesque essai clinique STEP-BD, qui vient de se terminer, l'efficacité de plusieurs approches psycho-éducatives, une courte et trois longues a pu être mesurée.

       Programme Dr Christian GAY      STEP-BD     References  
  .  

mesures psycho-éducatives dans la prise en charge des troubles bipolaire, données actuelles 

C. Gay*, F ** , Marie-Laure ROBIN***, H Cuche¨****,Clinique du Château, 11 bis rue de la Porte Jaune 92380 Garches
gay@club-internet.fr

 

Table des matiéres

    1. Epidémiologie
    2. Définition et objectifs des mesures psycho-éducatives
      1. Objectifs principaux (ou finaux) :         
      2. Objectifs intermédiaires :
    3.    Information générale sur le trouble bipolaire et ses traitements.
    4. Données de la littérature
      1. Etudes portant spécifiquement sur les mesures psychoéducatives 
      2. Thérapies cognitivo-comportementales
      3. Mesures psycho-éducatives centrées sur la famille
      4. Thérapies interpersonnelles et régulation de rythmes sociaux (IPSRT Interpersonal social rythms therapy)
      5. Programme d’objectifs personnels
    5. Programme psycho-éducatif  destiné aux patients atteints de troubles bipolaires 
      1. 1ère  Séance : Introduction
      2. 2ème & 3ème Séances : la dépression
      3. 4ème Séance : traitements de la dépression
      4. 5ème Séance et 6ème Séance : l’excitation maniaque et l’état mixte
      5. 7ème Séance
      6. Traitement des états d’excitation et prévention des récidives
      7. 8ème Séance : Reconnaissance et évaluation du trouble
      8. 9ème Séance : Règles d’hygiène de vie
      9. 10ème Séance : contrôler la rechute ou la récidive
      10. 11ème  séance : Gestion de sa vie personnelle (familiale, sociale, professionnelle, sportive...) Résolution des problèmes
      11. 12ème Séance : Contrôle de ses émotions
      12. 13ème  séance Abord cognitif
      13. 14ème séance : Gestion de sa vie et acceptation
      14. 15ème Séance Intérêt de la psycho-éducation
      15. Une 16ème séance est prévue 6 mois après afin d’évaluer à distance l’intérêt de ces mesures thérapeutiques
    6. Bibliographie 

Epidémiologie

Le trouble bipolaire, dans ses formes I et II, concerne à peu près 1 à  2%  de la population en France. Ce pourcentage est beaucoup plus élevé (3 à 6,5%) si les formes à expression atténuée sont prises en compte Il constitue un problème majeur de santé publique. Il fait partie des dix maladies les plus coûteuses et invalidantes au plan mondial et l’OMS la situe à la sixième place des causes de handicap.. Le taux de mortalité est deux à trois fois plus élevé que celui de la population générale. Les coûts directs et indirects représentent plusieurs milliards d’Euros. Le risque suicidaire est majeur, avec un pourcentage évalué à 15% chez les patients non traités. 6 à 15% des décès sont en rapport avec un suicide (Sarfati 2003) La souffrance engendrée par ce trouble ne se limite pas au patient, elle touche l’entourage proche. Ce trouble est responsable d’un risque majeur de désocialisation et expose fréquemment le patient à la justice. Il existe fréquemment d’autres troubles associés qui peuvent constituer des facteurs de résistance et qui aggravent le pronostic. La comorbidité abus de substance concerne jusqu’à 60% des bipolaires, de même les troubles anxieux sont sur-représentés.
Le trouble bipolaire est déterminé par un ensemble de facteurs, à la fois psychologiques,  génétiques et environnementaux. Le concept étiopathogénique retenue aujourd’hui est l’existence d’une vulnérabilité génétique sur laquelle interviennent différents types de facteurs environnementaux. L’étude des données biographiques fait apparaître une fréquence élevée d’événements précoces de fragilisation : carence affective, séparation, sévices, agressions sexuelles. Il est établi que les situations de stress comme les événements pénibles de vie, le surmenage, le manque de sommeil, l’abus de substance, les perturbations des rythmes sociaux peuvent déclencher ou précipiter une rechute ou une récidive, chez un sujet qui présente une vulnérabilité génétique et psychologique. Ellicott et al (1990) rapporte que les patients qui ont été confronté à un événement pénible de vie présentent un risque 4,5 fois plus élevé de  faire une récidive. Les perturbations des relations familiales (Miklowitz et al 1988) et sociales (Johnson et al 2003) constituent aussi des facteurs de fragilisation.
 

Les thymorégulateurs ont considérablement amélioré le pronostic de ce trouble, en limitant le nombre de récidives. Néanmoins, un pourcentage important de patients continuent à présenter des fluctuations thymiques du fait d’une mauvaise observance thérapeutique et de la persistance de facteurs déclenchants, précipitants ou d’entretien du trouble ou encore du fait de l’insuffisance d’efficacité des thymoégulateurs. Gitlin et al (1995) montrent que 37% des patients bipolaires ont une récidive la première année, 60% la seconde et 73% après cinq ans. La persistance de symptômes résiduels entre les épisodes est retrouvée dans un tiers des cas et donne à ce trouble une dimension chronique (Goldberg et al 1995). Pour Johnson et Miller, la normalisation thymique sera trois fois plus longue à obtenir chez des patients hospitalisés s’ils ont été confrontés à un événement pénible de vie. 
D’autres mesures thérapeutiques ont été proposées afin d’optimiser le traitement médicamenteux et d’agir en amont sur les éléments déclenchants ou précipitants. Les mesures psychoéducatives, dont le rôle a longtemps été sous-évalué, sont aujourd’hui les traitements psychologiques les mieux documentées et pour lesquels il existe un niveau de preuve élevé. Ils figurent en bonne place dans la plupart des guidelines anglosaxons. Les bénéfices de cette approche complémentaires se situent à différents niveaux : reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une récidive, amélioration de la qualité de l’observance, acceptation du trouble, meilleure gestion de la vie sociale, professionnelle et affective, contrôle des facteurs déclenchants et précipitants…. Les études publiées rapportent une diminution du nombre du nombre de récidives et de rechutes, une diminution de la durée d’hospitalisation, un meilleur équilibre de la vie familial, une amélioration de l’observance. 
 

Définition et objectifs des mesures psycho-éducatives

Le terme d’éducation thérapeutique a longtemps été diversement interprété par les praticiens : faire du patient un expert de sa maladie, diffuser des informations élémentaires sur la maladie, faciliter une réflexion sur la pathologie, transmettre des connaissances pratiques. Chaque définition aboutit à un objectif précis en recourant à une méthode plus ou moins spécifique.
Sous ce terme générique d’éducation du patient, trois types d’activité peuvent être regroupés (OMS):
-          L’éducation pour la santé du patient concerne la maladie, les comportements de santé et de mode de vie du patient, même ceux non concernés par la maladie, dans une logique de « culture sanitaire »
-          L’éducation du patient à sa maladie concerne les comportements de santé et de maladie relatifs au traitement, à la prévention des complications et rechutes et autres comportement liés à l’existence d’une maladie, notamment l’impact  de celle-ci sir des aspects non médicaux de la vie.
-          L’éducation thérapeutique du patient touche à la partie de l’éducation directement liée au traitement (curatif ou préventif) qui est le rôle traditionnellement exclusif du soignant
Depuis 1998, l’OMS a émis des recommandations sur l’éducation du patient en précisant la définition : « l’éducation thérapeutique du patient est un processus continu, intégré aux soins et centré sur le patient. Elle comprend des activités organisées de sensibilisation, d’information, d’apprentissage et d’accompagnement psychosocial qui concernent la maladie, le traitement prescrit et les établissements de soins, ainsi que les comportements de santé et de maladie du patient. Elle vise à aider le patient et ses proches à comprendre la maladie et le traitement, à coopérer avec les soignants, à vivre le plus sainement possible et à maintenir ou améliorer la qualité de sa vie. L’éducation devrait rendre le patient capable d’acquérir et de maintenir les ressources nécessaires pour gérer de façon optimale sa vie avec la maladie »
Son application dans différentes pathologiques médicales chroniques comme le diabète, la maladie asthmatique , l’hypertension artérielle a prouvé son efficacité ; en réduisant la fréquence et l’intensité des crises et en améliorant la qualité de vie du sujet (Burish et Boadley1983) et de sa famille (Jacobs 1993)
Le terme de psycho-éducation a été utilisé en 1980 par Anderson, Hogarty et Reiss (cité par Aubry et Estoppey 2000). D’abord utilisée dans la schizophrénie, la psycho-éducation avait pour objet de mieux contrôler les situations de stress par les membres de la famille du fait d’une meilleure communication et d’élaborer des stratégies visant à résoudre les problèmes. Depuis ces vingt dernières années, l’indication s’est étendue à d’autres troubles psychiatriques dont les troubles de l’humeur
Elle peut se définir comme l’éducation ou la formation théorique et pratique axée sur la compréhension du trouble et de ses différents traitements afin de favoriser une réinsertion optimale du sujet. Au delà des objectifs communs avec l’éducation thérapeutique ; la psycho-éducation prend en compte les causes et les conséquences de la maladie, le contrôle des facteurs déclenchants et les principaux aspects psychopathologiques du trouble, la qualité de la relation médecin-patient  
Notre abord psycho-éducatif vise quatre objectifs principaux (ou finaux) lesquels ne pourront être atteints que par la réalisation d’objectifs intermédiaires :

Objectifs principaux (ou finaux) :         

-          Optimiser le traitement médicamenteux

-          Prévenir les récidives et diminuer le nombre et la durée des hospitalisations

-          Améliorer la qualité de vie du sujet, dans toutes ses dimensions (personnelle, familiale, professionnelle, relationnelle)

-          Favoriser, entretenir et consolider l’alliance thérapeutique

Objectifs intermédiaires :

-          Favoriser l’acceptation du trouble et lutter contre la  stigmatisation de la notion de maladie mentale s’y rattachant par l’information et le soutien du patient et de son entourage. L’ignorance contribue à  entretenir intolérance, peur, discrimination, rejet, honte, culpabilité.

-          Améliorer la qualité de l’observance thérapeutique et prévenir les abus de substances

-          Faciliter l’identification des symptômes annonciateurs d’une récidive, permettre de contrôler les situations de stress et aider à respecter les règles d’hygiène de vie.

-          Améliorer les relations interpersonnelles et le fonctionnement social dans les périodes intercritiques  (symptômes mineurs subsyndromiques et symptômes résiduels) 

Ces objectifs dépassent largement le cadre de l’éducation thérapeutique et constituent une approche spécifique du trouble bipolaire, faisant référence non seulement à ses détermnants  mais aussi à ses conséquences et ses pathologies associées qui constituent souvent des facteurs de résistance au traitement
 
Différentes approches de mesures psycho-éducatives ont été proposées ces dernières années. Néanmoins, si les objectifs et les modalités de travail en groupe sont en partie superposables et nettement influencés par les thérapies cognitivo-comportementales, le nombre de séances, la sélection des patients, la participation  ou non de l’entourage apportent une spécificité à ces différentes approches.
 
L’efficacité de ces mesures a pu être évaluée en fonction de différents objectifs : prévention des rechutes et récidives, diminution du nombre d’hospitalisation, réduction du risque suicidaire (Vieta et al 1997), amélioration de l’observance, la reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une rechute ou une récidive, amélioration de la qualité de vie et du fonctionnement global, normalisation des relations familiales... 
Les techniques varient en fonction des études. Néanmoins, elles sont pour la plupart complémentaires :


   Information générale sur le trouble bipolaire et ses traitements.

Cette approche est le préalable indispensable à toutes les techniques. La nécessité d’une information ne s’entend pas uniquement sur un plan légal, tel qu’il est défini par la loi de mars 2002. De nombreuses pathologies médicales et psychiatriques justifient la diffusion d’une information auprès des patients, voire de leur entourage proche. La diffusion de cette information a été facilitée par le travail effectué par des associations de patients et la publication de plusieurs ouvrages de vulgarisation (Gay 2001)
-          Reconnaissance précoce des symptômes annonciateurs d’une rechute ou d’une récidive telles la réduction du temps de sommeil ou l’hyperactivité (Molnar et al 1988, Perry et al 1999)
- Entraînement à respecter les règles d’hygiène de vie, les rythmes sociaux
- Amélioration des modes de fonctionnement psycho-sociaux et de la qualité de vie
- Entraînement à une auto-évaluation

 

Données de la littérature

Une interrogation Medline a été effectuée sur les 25 dernières années. Seules ont été retenues les études contrôlées. 

Etudes portant spécifiquement sur les mesures psychoéducatives 

Les études contrôlées les plus anciennes portaient essentiellement sur la qualité de l’observance. Cochran (1984) évalue l’influence de six séances de mesures psycho-éducatives inspirées des techniques cognitivo-comportementales. Les patients qui bénéficiaient de cette approche étaient plus compliants à six mois et moins souvent hospitalisés que ceux du groupe contrôle qui faisaient l’objet d’une prise en charge classique. Van Gent et al (1988) relevaient des résultats comparables concernant l’observance mais ne constataient pas de différences sur le nombre et la durée des hospitalisations. Peet et Harvey (1991) en recourant à un support vidéo rapportaient des résultats positifs en ce qui concernait l’acceptation du traitement dans le groupe de trente patients bipolaires qui  bénéficiait d’une information sur le lithium par vidéo et support écrit.  Parikh et al (2001) en revanche ne relevaient pas de différence entre les deux groupes.
Van Gent et Zwart (1991), évaluant l’intérêt  de cette approche vis-à-vis du conjoint, observent une meilleure compréhension du trouble mais pas d’amélioration de l’observance. Colom et al (1998) concluent que la psycho-éducation n’aurait pas d’influence sur l’observance. Cette observation n’est plus vraie si les sujets présentant un trouble de la personnalité sont exclus de l’étude, une amélioration de l’observance et une diminution des récidives sont constatées chez les patients ainsi sélectionnés et ayant bénéficié de mesures psycho-éducatives. Clarkin et al (1998) rapportent une amélioration du fonctionnement social et l’observance lorsqu’il existe une prise en charge simualtanée du patient et de son conjoint. Perry et al (1999), dans une étude mentionnaient une diminution du nombre d’hospitalisation chez des patients entraînés à reconnaître les prodromes des récidives maniaques et dépressives. A un an, le taux de récidive maniaque est de 20% dans le groupe (34 patients), ayant bénéficie de l’éducation thérapeutique contre près de 50% dans le groupe contrôle(35 patients). La première récidive d’épisode maniaque a eu lieu en moyenne à 65 semaines pour les sujets « psycho-éduqués » et à 17 semaines en moyenne dans le groupe contrôle.
En revanche, cet abord psycho-éducatif n’a pas eu d’incidence sur le nombre et le délai des récidives dépressives.
D’autres études évaluent l’impact de la psycho-éducation sur les récidives. (Colom et al 2003)
Colom F et al (2003) dans un essai randomisé portant sur 120 patients bipolaires I et II soumis à 21 sessions psychoéducatives ou 21 réunions non structurées de groupe étaient évaluées sur une période de 2 ans. Les mesures psychoéducatives étaient centrées sur trois thèmes principaux : reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent un nouvel épisode, amélioration de l’observance et régulation de son mode de vie). Le groupe qui bénéficiait de mesures psychoéducatives présentait une réduction significative du nombre global de récidives et rechutes et une augmentation de la durée des rémissions. Le nombre et la durée des hospitalisations étaient également inférieurs à celui des sujets contrôles. Ces résultats s’opposent à ceux de l’étude de Perry et al, qui ne relève pas de différence significative du nombre de récidives maniaques et hypomaniaques entre les deux groupes.
 

Thérapies cognitivo-comportementales

Plusieurs études contrôlées (Lam et al 2000-2003 et Hirshfeld 1998)  soulignent l’intérêt de cette approche en association à la chimiothérapie. Les plus anciennes font apparaître une amélioration de l’observance ( (Cochran 1984) . Elles peuvent permettre de stabiliser des états dysphoriques qui persistent après rémission (Jacobs 1982). Basco et Rush (1996) intègrent des mesures psycho-éducatives aux techniques cognitivo-comportementales classiques. Post et al proposent un diagramme permettant de reconnaître des facteurs de stress à l’origine des récidives. Le contrôle de situations stressantes permet de réduire le risque de récidive (Hammen et Gitlin 1997)  La plus récente (Lam et al 2003) rapporte une amélioration significative dans le groupe bénéficiant de la double prise en charge : diminution du nombre et de la durée des récidives, du nombre et de la durée des hospitalisations, et amélioration du fonctionnement social. Les objectifs sont à peu près identiques à ceux des mesures psycho-éducatives : amélioration de l’observance, détection précoce des symptômes, contrôle des situations stressantes, prise en charge des comorbidités et des dépressions bipolaires. Une partie importante du programme de thérapie cognitivo-comportementale est consacrée à l’éducation 

Mesures psycho-éducatives centrées sur la famille

Il est clairement établi que l’entourage familial peut tirer des profits de la diffusion d’une information.  Fitzgerald  recourait à la thérapie familiale en 1972 et constatait une amélioration de l’observance.  En 1988, Has et Spenser relevaient une amélioration favorable chez des patients qui bénéficiaient de ce type d’approche. Mais la population étudiée comprenait différents types de troubles de l’humeur Cette approche a été principalement développée par Miklowitz. Le dysfonctionnement familial peut constituer un facteur de rechute. Un niveau élevé d’expression émotionnelle (Honig et al 1997) est corrélé à un risque de récidive.  Il en est de même lorsqu’il existe des conflits et des difficultés de communication. Miklowitz et al (1988) observent chez des patients confronté à un niveau élevé d’expression émotionnelle et des expériences négatives  de vie affective un risque de rechute de 94% par rapport au groupe contrôle dont le risque était évalué à 17%. Il n’existait pas dans cette étude de corrélation avec la qualité de l’observance. Miklowitz et Goldstein rapportaient un taux de 70% de rechute chez les sujets traités uniquement par les sels de lithium contre 13% chez ceux qui bénéficiaient en plus d’une thérapie comportementale.  Cette approche intègre en fait des techniques psycho-éducatives et cognitivo-comportementales (résolution de problème, entraînement à une meilleure communication...) et s’adresse aux différents membres de la famille. L’étude la plus convaincante est celle de Miklowitz et al (2003) qui permet de retrouver des résultats comparables à celles de Colomb et al. Portant sur une population de101 patients, suivis pendant deux ans et bénéficiant de 21 séances de mesures psycho-éducatives et d’une approche comportementaliste les auteurs observent une diminution de nombre de rechutes (35% contre 54%) avec un allongement des intervalles libres et une meilleure observance chez les patients bénéficiant de cette approche par rapport à ceux du groupe contrôle.  Les résultats positifs concernaient particulièrement les épisodes dépressifs. L’explication fournie par les auteurs serait que la manie est un phénomène principalement déterminé par des facteurs biologiques avec des rechutes le plus souvent attribués à une mauvaise adhésion au traitement, une réduction du temps de sommeil, des cassures des rythmes sociaux et circadiens et une situation de surmenage. En revanche, le soutien social et familial semble mieux protéger contre la survenue d’épisodes dépressifs bipolaires et unipolaires, son effet protecteur sur les récurrences maniaques étant moins clair (Johson et al 1999)

 

Thérapies interpersonnelles et régulation de rythmes sociaux (IPSRT Interpersonal social rythms therapy)

Inspiré des travaux de Klerman, cette approche développée par E Frank et al (2000) repose sur une régulation des rythmes sociaux permettant ainsi de limiter les risques de perturbations des rythmes biologiques.  Elen Frank et coll (2000) dans une étude randomisée portant sur 82 patients bipolaires, montre une diminution très significative du nombre de récidives ches les patients ayant bénéficié de cette approche portant sur les rythmes sociaux (moins de 20% contre plus de 40% dans le groupe contrôle).
 

Programme d’objectifs personnels


Ce programme élaboré par M. Bauer et L McBride s’intègre dans le champs de la psychoéducation. Cette approche structurée repose sur quatre constatations chez les patients bipolaires : la mauvaise qualité de vie, le défaut d’observance du traitement médicamenteux, les répercussions socioprofessionnelles et la limitation de réalisation d’objectifs importants. Deux phases distinctes ont été développées. La première est constituée de 5 sessions hebdomadaires informatives sur la maladie bipolaires, ses causes et ses traitements, sur les différents aspects des dépressions et des états d’excitation maniaque. La seconde phase est centrée sur l’identification d’objectifs personnels. Le principe est de reconnaître les obstacles et de les dépasser à l’aide de techniques cognitives et interpersonnelles adaptées au groupe

 

 

Discussion

L’approche psycho-éducative constitue un des éléments clefs de la prise en charge du trouble bipolaire. Elle ne peut néanmoins se substituer au traitement médicamenteux. Les modalités sont plus ou moins bien codifiées et s’inspirent de différentes techniques. Elles reposent avant tout sur la diffusion d’une information générale sur la maladie, ses causes, ses modes d’expression et d’évolution, ses complications   et ses traitements en précisant les risques d’une interruption de traitement et en expliquant la signification des effets indésirables. Ce premier objectif étant atteint, il est possible ensuite de se fixer d’autres objectifs qui conditionnent l’évolution du trouble : reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une rechute ou une récidive, identification des situations qui peuvent déclencher ou précipiter un nouvel épisode, respect des règles d’hygiène de vie, organisation de sa vie au quotidien, amélioration des relations familiales, sociales et professionnelles, réalisation d’objectifs personnels. Cette approche thérapeutique, indépendamment des objectifs cités,  va permettre une meilleure acceptation du trouble, condition préalable à l’observance, et faciliter l’alliance thérapeutique, autre nécessité indispensable au suivi, véritable acte de partenariat entre le patient et le soignant.

 

 

- Proposer une information, une assistance, un soutien au patient et à son entourage

- Favoriser l’acceptation et destigmatiser le trouble

- Prévenir les récurrences et  diminuer le nombre et la durée des hospitalisations : amélioration de l’observance, éviter les abus de substances, identifier les symptômes qui annoncent une rechute, contrôle des situations de stress, respect des règles d’hygiène de vie

- Prévention des conduites suicidaires

- Amélioration des relations interpersonnelles et du fonctionnement social entre les épisodes

- Amélioration de la qualité de vie du sujet

- Amélioration des syndromes subsyndromiques et des symptômes résiduels

 

TabTableau 1 : objectifs des mesures psycho-éducatives

 

 

Les modalités d’approche reposent essentiellement sur les techniques comportementales. Le nombre de séances est variable et dépend du nombre et du type d’objectifs. Il est limité à 5 ou 6 lorsqu’un seul thème a été préalablement défini tel par exemple l’identification des symptômes qui annoncent une rechute. Il peut s’étendre à plus de vingt lorsqu’il s’agit d’une prise en charge globale avec plusieurs objectifs.
Ces mesures s’adressent préférentiellement à des patients normothymiques. Néanmoins, elles peuvent être initiées en fin d’hospitalisation au décours d’un épisode d’excitation ou de dépression.
En théorie, tous les patients devraient être accessibles à ce type de mesures, comme peuvent l’être tous les diabétiques, asthmatiques, hypertendus... En pratique, cette approche thérapeutique sera plus particulièrement réservée aux formes résistantes, lorsqu’il existe la persistance de fluctuation d’humeur et d’état subsyndromiques entre les épisodes et en cas de comorbidité. Mais il apparaîtrait logique aussi de proposer cette approche aux patients qui présente un premier accès, compte-tenu de l’enjeu important et de la nécessité de mettre toute en oeuvre dès le premier épisode afin d’enrayer le processus évolutif : plus la prise en charge est tardive, plus il y a de risques de récidive, de résistance et de désocialisation
Il pourra être préféré une prise individuelle plutôt qu’en groupe en  fonction des caractéristiques de la personnalité du sujet et des caractéristiques évolutives du trouble.
La constitution du groupe  repose aussi sur certaines règles. Une consultation préalable est nécessaire afin de préciser les objectifs et de constituer un groupe homogène en excluant des personnalités trop psychorigides ou antisociales qui pourraient exercer une action négative sur la dynamique du groupe.
Ces mesures sont délivrées par un personnel entraîné  aux thérapies de groupe (psychiatres, psychologues, infirmiers). Elles constituent un acte thérapeutique
Les premières études contrôlées, dont les résultats apparaissaient peu concluants, portaient sur des populations restreintes, hétérogènes, incluant en particulier des troubles de la personnalité et évaluaient des programmes mal structurés et limités en durée. Les études publiées récemment font état d’une manière consensuelle d’une réduction du nombre de récidive et d’hospitalisation et d’une amélioration de la qualité de vie. L’élément commun à ces dernières études était un nombre plus important de séances et une approche plus globale, incluant différentes techniques.
L’entourage proche est aussi concerné par ce type d’approche. Il peut être inclus au groupe ou être dissocié. Il peut être constitué par les conjoints, parents, enfants ou amis. En ce qui concerne les jeunes enfants de bipolaires, la prise en charge est spécifique et ne peut s’envisager que dans des structures spécialisées. Aucune étude n’a été publiée à ce jour sur les modalités spécifiques de prise en charge de cette population.
 

 

Programme psycho-éducatif  destiné aux patients atteints de troubles bipolaires 

1ère  Séance : Introduction

Objectifs :
Définition de la psycho-éducation
Présentation du groupe
Principes et règles de fonctionnement des thérapies de groupe
Généralités sur les troubles bipolaires

 

2ème & 3ème Séances : la dépression

Objectifs :

Connaître les symptômes de l’épisode dépressif, identifier les symptômes qui annoncent une récidive ou une rechute, être informé sur les différentes causes, les conséquences et les modalités évolutives du trouble dépressif, apprendre à s’auto-évaluer (questionnaire d’auto-évaluation, échelle analogique...)

Mise en situation

Etre capable de lister ses propres symptômes dépressifs
Pouvoir identifier les symptômes annonciateurs d’une rechute ou d’une récidive dépressive
Connaître les causes des états dépressifs
Etre capable d’évaluer son humeur et les autres symptômes

 

4ème Séance : traitements de la dépression

Objectifs :

Savoir distinguer un antidépresseur d’un tranquillisant, d’un thymorégulateur ou  d’un neuroleptique
Connaître les différentes approches thérapeutiques de la dépression
Connaître les objectifs d’un traitement médicamenteux
Savoir distinguer un effet indésirable d’un accident de traitement
Signification et contrôle d’un effet indésirable
Connaître les indications d’un traitement par ECT
Etre  informé sur l’intérêt des psychothérapies
Connaître les précautions d’utilisation des antidépresseurs

 

5ème Séance et 6ème Séance : l’excitation maniaque et l’état mixte

Objectifs

Connaître les symptômes d’un état d’excitation
Identifier les symptômes qui annoncent une récidive ou une rechute, être informé sur les différentes causes, les conséquences et les modalités évolutives de l’excitation, apprendre à s’auto-évaluer (questionnaire d’auto-évaluation, échelle analogique...)
Etre capable de lister ses propres symptômes d’excitation
Pouvoir identifier les symptômes annonciateurs d’un état d’excitation
Etre capable de préciser les causes d’un état d’excitation
Connaître les différences entre un état d’excitation et un état mixte

Mise en situation

Evaluer son humeur et les autres symptômes
Présentation du film « au sommet de la descente », analyse des symptômes, commentaires
Présentation du diagramme de suivi des troubles bipolaires
Première cotation de ce diagramme

 

7ème Séance

Traitement des états d’excitation et prévention des récidives

Objectifs : 

Savoir distinguer un thymorégulateur d’un tranquillisant, d’un antidépresseur ou  d’un neuroleptique
Connaître les différentes approches thérapeutiques de l’état d’excitation
Connaître les objectifs d’un traitement thymorégulateur
Savoir distinguer un effet indésirable d’un accident de traitement
Signification et contrôle d’un effet indésirable
Etre  informé sur l’intérêt des psychothérapies
Connaître les précautions d’utilisation des thymorégulateurs

 

8ème Séance : Reconnaissance et évaluation du trouble

Objectifs

Exercices visant à reconnaître les symptômes  d’une récidive et ceux qui annoncent une rechute à partir de présentation de cas et de mise en situation
Calcul de son index de bipolarité
Evaluation de son humeur sur le diagramme
Evaluation de son humeur à partir d’échelles analogiques

 

9ème Séance : Règles d’hygiène de vie

Objectifs

Le sommeil : connaître les conséquences d’une insomnie ou d’une hypersomnie et savoir comment faciliter son endormissement
Savoir respecter ses rythmes sociaux
Connaître les principaux excitants
Situation de surmenage, savoir les reconnaître et les contrôler

Mise en situation

Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

10ème Séance : contrôler la rechute ou la récidive

Objectifs

Connaître les facteurs fragilisants,  déclenchants et précipitants des rechutes
Savoir reconnaître ses propres facteurs déclenchants ou précipitants
Savoir contrôler l’impact des facteurs déclenchants
Exposition de cas à titre d’exemple

Mise en situation

Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

11ème  séance : Gestion de sa vie personnelle (familiale, sociale, professionnelle, sportive...) Résolution des problèmes

Objectifs

Connaître les facteurs de dysfonctionnement au sein de la famille
Comment faciliter la communication, éviter les conflits
Comment parler de son trouble à ses enfants, son conjoint, ses parents
Vie sexuelle : difficultés, risques...
Savoir quoi dire à ses amis, choisir ses interlocuteurs

Mise en situation

Choix des études, d’une activité professionnelle
Comment organiser sa vie professionnelle
Choix de ses loisirs
Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

12ème Séance : Contrôle de ses émotions

Objectifs

Acquisition des principes de base de la relaxation
Apprendre à réévaluer des situations 

Mise en situation

Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

13ème  séance Abord cognitif

Objectifs

Savoir lutter contre ses pensées négatives

Mise en situation

Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

14ème séance : Gestion de sa vie et acceptation

Objectifs

Comment bien organiser ses journées
Comment accepter son trouble et comment le faire accepter aux autres

Mise en situation

Evaluation de son humeur sur le diagramme

 

15ème Séance Intérêt de la psycho-éducation

Evaluation des 14 séances, critiques, commentaires, questionnaire de satisfaction

Présentation du carnet de suivi.

 

Une 16ème séance est prévue 6 mois après afin d’évaluer à distance l’intérêt de ces mesures thérapeutiques

 

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STEP-BD Comparaison des approches psycho-éducatives

Dans l' essai clinique géant STEP-BD 2002-2007  d’amélioration des traitements du trouble bipolaire, l’efficacité d’un traitement de psycho-education adjoint a été mesurée. Deux modalités de psycho-education ont été testés :

-  Une version courte (CC collaborative care)
-  Trois versions différentes de psychoeducation intensives (IPSRT, FFT, and CBT)

Les versions intensives sont plus efficaces que la version courte. Nous reviendrons dans un article complet sur les détails des différentes formes de psycho-education employées. Une étude précédente dans STEP-BD avait montré que des sessions de psychothérapies non spécialisées n’amélioraient pas les résultats.

Psychosocial Treatments for Bipolar Depression

A 1-Year Randomized Trial From the Systematic Treatment Enhancement Program

David J. Miklowitz, PhD ; Michael W. Otto, PhD ; Ellen Frank, PhD ; Noreen A. Reilly-Harrington, PhD ; Stephen R. Wisniewski, PhD ; Jane N. Kogan, PhD ; Andrew A. Nierenberg, MD ; Joseph R. Calabrese, MD ; Lauren B. Marangell, MD ; Laszlo Gyulai, MD ; Mako Araga, MS ; Jodi M. Gonzalez, PhD ; Edwin R. Shirley, PhD ; Michael E. Thase, MD ; Gary S. Sachs, MD

Arch Gen Psychiatry. 2007 ;64:419-426




REFERENCES


 Correlation Between Drug Treatment Adherence and Lithium Treatment Attitudes and Knowledge by Bipolar Patients 

Rosa AR, Marco M, Fachel JM, Kapczinski F, Stein AT, Barros HM 

From the Division of Phamacology, Fundação Faculdade Federal de Ciências Médicas de Porto Alegre, Brazil (Rosa, Marco, Stein, Barros); the Department of Statistics, Institute of Mathematics, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil (Fachel); and the Department of Psychiatry, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brazil (Kapczinski)

Objectives: Non-adherence should always be investigated when there is a failure in bipolar treatments, since it is known that reported non-adherence rates in bipolar disorder treatment for long-term prophylactic pharmacotherapy range from 18% to 52%, with a median prevalence of 44.7%. Several factors are related to the poor adherence and reduction of medication efficiency, such as the different types of bipolar disorder, the presence of side effects, medication interactions, level of patient's knowledge about the disorder and their attitude towards treatment, complexity of medical regimens and the doctor–patient relationship.

Method: Bipolar disorder outpatients under lithium treatment from the Hospital de Clínicas and Materno Infantil Presidente Vargas of Porto Alegre were recruited. All the patients had bipolar disorder and gave informed consent to participate in a clinical interview (106), answered the Lithium Attitudes Questionnaire (LAQ), Lithium Knowledge Test (LKT), Medication Adherence Rating Scale (MARS) and had plasma and red blood cells lithium measurements to assess their medication adherence and the factors that influenced it.

Results: 85.6% of bipolar disorder were adherent to lithium treatment showing plasma lithium between 0.6 and 1.2 mmol/L. There was an inverted correlation between the total LAQ score with plasma and red blood cells, a positive correlation between LKT and MARS with plasma and red blood cell lithium.

Conclusion: These results confirmed that knowledge level is directly correlated to treatment adherence and patients' attitudes, lower adherence, general opposition to prophylaxis, fear of side effects, denial of therapeutic effectiveness and illness severity.

Source: Progress in Neuro-Psychopharmacology and Biological Psychiatry  2006; 


2nd Biennial Conference of the International Society for Bipolar Disorder
Thursday, August 3   09:00–10:00
   Optimizing Outcomes in BD

Improving outcome through psychoeducatingrelatives?

Britta Bernhard, Emanuel Severus, Florian Seemueller, Sandra Dittmann, Nicki Seitz, Annette Schaub, Heinz Grunze and Michael Riedel
Department of Psychiatry and Psychotherapy, Ludwig-Maximilians-University, Munich, Germany

Background and Aims: Several studies have shown that psychological, social and family factors have an important
influence on the outcome of bipolar disorders. The aim of our study was to examine the value of psychoeducating the relatives of
bipolar patients, attempting thereby to increase their awareness and understanding of the illness
.
Methods: Sixty relatives of bipolar patients received eight sessions of psychoeducation. Burden, high expressed emotion, level of
information and degree of depression (evaluated by the BDI (Beck depression inventory)) of the relatives and the patients health
status (rated by the relatives) were assessed before, after and one year after the intervention. Comparisons were made using a paired
Wilcoxon-test.

Results: Most of the relatives were parents (43%) or partners (33%) and lived together with the patient (60%). Most of the patients suffered from the illness for more than 3 years (52%). Among the relatives, the degree of depression, burden, and high expressed emotions were reduced (p < 0.001) and they felt better informed after the intervention and still at the one-year follow up (p < 0.001). The patients state of health also significantly improved (p < 0.001).Cnoclnusions: The intervention seemingly improved the coping skills of the relatives, which in itself may have contributed to the improvement of the state of health of the patients. However, improvement of the patients health status may also improve the attitude of the relatives.

Improving non-adherence in bipolar disorders
Francesc Colom
Bipolar Disorders Program-IDIBAPS, Hospital Clinic, Barcelona, Spain, Honorary Senior Lecturer and Institute of Psychiatry,London, UK

Background and Aims: Non-adherence with pharmacological treatment is a very common feature amongst bipolar subjects, being the most frequent cause of relapse. Hereby we will present a critical review of this complex issue, as non-adherence is not as simple as not taking the prescribed medication at all. More than this, there are many types of adherence problems that include full and selective non-adherence, behavioural non-adherence and abuse, amongst others.

Methods: We reviewed the most important literature and our recent studies.

Results: Psychoeducation has shown its efficacy in the prevention of all sorts of relapses in bipolar disorders. Moreover, psychoeducation has shown to be efficacious in the improvement of adherence by stabilizing serum lithium levels.

Conclusions: Recommendations to enhance adherence – from several perspectives including pharmacological companies, researchers, clinicians and patients - will be given, underlining the importance of the psychoeducative approach, the rationalization of pharmacological prescription and the development of user-friendly
newer drugs.

Improving outcome through systematic evaluations
Daniel Souery
Department of Psychiatry, Erasme Hospital, Brussels, Belgium

Background and Aims: Quality management programs, when applied to psychiatric disorders, represent a suitable method to improve every day treatment conditions.

Methods: The COPE-Bipolar program (Clinical Outcome and Psycho Education in Bipolar Disorders) offers an integrative approach which consists of a Psycho-education program for bipolar patients and their families and a computerised tool for Clinical Outcome Measures (COPE-Bipolar.COM). It was
developed in the Department of Psychiatry of Erasme Hospital in Brussels, Belgium; in collaboration with caregivers involved in the management of Bipolar Disorders.

Results: This presentation will address in detail the two components of the program (Psycho-education and COPEBipolar. COM). Sample characteristics of the first patients enrolled in the program will also be provided to illustrate the potential research implications. The software program (COPEBipolar.COM) allows assessment of Bipolar and (Unipolar) Depressive patients by using a structured examination and immediate data capture in a systematized way. In addition, the
systematisation of data collection has a positive impact on the follow-up quality since it helps to identify predictive factors of long-term outcome. The psycho-education component enhances therapeutic alliance and relationships, improves the identification and management of psychotropic medication adverse events and develops skills for minimizing the impact of stressors that contribute to relapse.

Conclusions: The COPE-Bipolar Program offers an integrative, multidisciplinary and comprehensive model for the management of Bipolar Disorders.

Enhanced relapse prevention for bipolar disorder – ERP trial. A cluster randomised controlled trial to assess the feasibility of training care coordinators to offer enhanced relapse prevention for bipolar disorder

Fiona Lobban,corresponding author1 Carol Gamble,2 Peter Kinderman,3 Lee Taylor,4 Claire Chandler,3 Elizabeth Tyler,3 Sarah Peters,1 Eleanor Pontin,3 William Sellwood,3 and Richard K Morriss5

BMC Psychiatry. 2007; 7: 6.      Published online 2007 February 2. doi: 10.1186/1471-244X-7-6.

Background
Bipolar Disorder (BD) is a common and severe form of mental illness characterised by repeated relapses of mania or depression. Pharmacotherapy is the main treatment currently offered, but this has only limited effectiveness. A recent Cochrane review has reported that adding psycho-social interventions that train people to recognise and manage the early warning signs of their relapses is effective in increasing time to recurrence, improving social functioning and in reducing hospitalisations. However, the review also highlights the difficulties in offering these interventions within standard mental health services due to the need for highly trained therapists and extensive input of time. There is a need to explore the potential for developing Early Warning Sign (EWS) interventions in ways that will enhance dissemination.
Methods and design
This article describes a cluster-randomised trial to assess the feasibility of training care coordinators (CCs) in community mental health teams (CMHTs) to offer Enhanced Relapse Prevention (ERP) to people with Bipolar Disorder. CMHTs in the North West of England are randomised to either receive training in ERP and to offer this to their clients, or to continue to offer treatment as usual (TAU). The main aims of the study are (1) to determine the acceptability of the intervention, training and outcome measures (2) to assess the feasibility of the design as measured by rates of recruitment, retention, attendance and direct feedback from participants (3) to estimate the design effect of clustering for key outcome variables (4) to estimate the effect size of the impact of the intervention on outcome. In this paper we provide a rationale for the study design, briefly outline the ERP intervention, and describe in detail the study protocol.
Discussion
This information will be useful to researchers attempting to carry out similar feasibility assessments of clinical effectiveness trials and in particular cluster randomised controlled trials.

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