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La mort "naturelle" de Philippe V.

Publié le samedi 20 septembre 2008.


I. LA MORT DE PHILIPPE VESCO.

Le mardi 19 février 2008 au matin, les prévisions météo pour cette journée prévoyaient la poursuite du beau temps "Les hautes pressions auront tendance à régresser vers l’Europe Centrale, laissant s’approcher une dépression sur le proche atlantique. A l’avant le ciel se chargera par l’ouest avec quelques pluies possibles sur le nord-ouest. Sur la façade est et le nord du pays, c’est un temps agréable qui devrait persister." Au Ministére de la Santé , 20 avenue de Ségur, c’était la journée Météo et Santé.

Ce matin-là Roseline BACHELOT-NARQUIN étant ministre de la santé, Gérard MASSE étant responsable de la MNASM, Jean-Benoit NAUDET étant chef de service à l’hopital Henry Ey, Françoise BERTRAND-MICALETTI étant médecin-chef du secteur 75G19, Sylvie WIEVIORKA étant présidente du conseil d’administration de l’hopital Henry Ey, Christiane SANTOS-CONSTANT étant présidente de la Commission Médicale d’établissement (Ref 1 et 2), Philippe V. agonisait sous contention sur son lit dans la chambre d’isolement du service fermé, 13 avenue de la porte de Choisy, 75013 Paris .

Les "soins intensifs" qui lui étaient prodigués l’étaient contre sa volonté (Ref 10) et contre celle de sa famille. A 12h la famille est informée qu’il a eu un arrêt cardiaque. Le SAMU étant appelé le transporte à l’hôpital de la Pitié-Salpétriére ou ils ne peuvent que constater le décés. Le certificat de décés porte la mention mort naturelle. L’hopital de la Pitié-Salpétriere demande l’autorisation à sa famille de prélever un rein.

II. REACTION DE LA FAMILLE ET QUESTIONS.

Après un temps d’abattement, la famille demande le dossier médical de Philippe V. et le 16 juin 2008, après avoir longuement réfléchi, dépose plainte auprès du procureur de la République sous le numéro 0817890092 contre l’hopital Henri EY. Cette plainte a été complétée par des conversations téléphoniques et une lettre du 19 aout 2008. Le procureur a annoncé la nomination d’un juge d’instruction (Ref 7)

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Philippe V. étant rentré en hospitalisation libre le 4 février, sous matricule 20616, sur un lit dépendant du secteur 75G04, en se plaignant d’insomnie et d’angoisse La famille de Philippe (son frére, sa soeur, sa mére et son pére) ne comprennent pas :

- Pourquoi son traitement aux sels de lithium qui l’avait stabilisé jusqu’à janvier 2008 a été changé par la psychiatre du CMP en un traitement associant le rivotril (ref 6) et plusieurs neuroleptiques, produits auxquels il était allergique ?

- Comment rentré sur deux roues (en vélo), ce qui démontre un minimum de forme physique, le 4 février 2008 à 46 ans, Philippe en est ressorti mourant (ou mort) sur un brancard le 19 février à 12h ?

- Pourquoi la demande du psychiatre traitant de Henri Ey à sa mère de signer une demande d’HDT (Hospitalisation à la demande d’un tiers) le 12 février 2008. Celle-ci se reproche amérement aujourd’hui de l’avoir signé "Je me sens coupable de l’avoir abandonné à ses tortionnaires et de n’avoir pas été à ses côtés pour l’assister pendant les quelques jours qui lui restaient à vivre"

- La rupture dés le lendemain de la signature de toute relation avec Philippe. "Nous n’aurons plus aucun droit de visite, plus aucune autorisation de lui parler au téléphone et plus aucune information sur son état réel. Le 19 février 2008 à 9h nous serons averti qu’il doit être transféré pour un traitement aux ECT et à 12h qu’il a eu un arrêt cardiaque" (Ref 3 et Note 2)

- Pourquoi lorsque Philippe parlait « d’épreuve de survie » lorsqu’ il a désespérément tenté de s’échapper., la seule réponse du corps médical fut de le ligoter sur son lit pendant 48 heures ? Pourquoi Philippe "vomit ses traitements ou tente de se faire vomir les traitements, persuadé qu’il est d’être empoisonné par ces derniers" (Ref 10)

Le 8 septembre 2008, la famille de Philippe décide de transmettre à la presse les éléments du dossier.

III. LA VIE DE PHILIPPE V.

V. philippe gerard est né le quatre novembre 1961 à 3h30, 2 place Sully à Maisons-Lafitte de sexe masculin de Alain, charles V., né à Arles(Bouches du Rhone), le six octobre 1930, ingénieur et de Jeanne Andrée Barbera, née à Nice (Alpes-Maritimes), le 18 février 1932, son épouse, sans profession, domiciliée à Paris, 17eme arrondissement

Il est décédé à Paris, treizième arrondissement, le 19 février 2008.

Une très belle journée, dans une très belle capitale dotée, disent ses responsables, du meilleur système de santé du monde. (ref 5)

IV. LA POSITION D’AITB.

Cette affaire indigne profondément tous les membres d’AITB. Au-delà de l’appui naturel à la famille de Philippe Vesco et de la participation au comité de soutien, il est indispensable que de tels faits ne se reproduisent pas avec :

-  La fin du cachot rebaptisé isolement thérapeutique. Seule doit être autorisé les motifs sécuritaires, mais non le motif thérapeutique et encore moins le motif disciplinaire.
- La fin des secteurs poubelles (avec la mise à la retraite d’office de leurs médecins-chefs !) et le renforcement des centre experts pour le trouble bipolaire. Quand un secteur psychiatrique ne remplit pas son rôle, le médecin-chef doit être changé.
- la nomination obligatoire d’une personne de confiance et la fin des HDT(HO) ou le psychiatre (ou l’infirmier la nuit et le week-end..) est maitre après Dieu. Etre en HDT ne doit être une situation de non-droit.
-  la fin des traitements sommaires aux neuroleptiques et aux AD pour les bipolaires et que les traitements soient, enfin, conformes aux consensus internationaux. Les thymorégulateurs doivent être, enfin (plus de 40 ans après la mise au point du traitement au lithium, la pierre angulaire du traitement.

Nous vous tiendrons, bien sûr, au courant des évolutions de la situation et nous vous invitons à adhérer au comité de soutien en écrivant à soutienphilippe@aitb-bipolaire.org.

NOTES

Note1.MNASM. la MNASM Mission Nationale d’Appui pour la Santé Mentale est le repaire des dogmatiques de la sectorisation et en particulier de Gérard Massé, coordonnateur, auteur d’un très étonnant petit livre rouge Histoire Illustrée de la psychiatrie en 41 leçons et résumés, Dunod, 1987 L’idéologie psykk, de Marx à Freud

Note 2. Personne de confiance. La loi du 4 mars 2002 prévoit expressement dans ses articles 1111-2 à 1111-7 la désignation d’une personne de confiance lorsque le patient est incapable de consentir à son traitement. Aucune exception n’est prévue pour la psychiatrie.

REFERENCES

Ref 1. Groupe public de santé Perray-Vaucluse

Ref 2. Psycom75

Ref 3. Lettre de Mme V. à l’équipe soignante d’Henri Ey le 8 septembre 2008.

Ref 4. Acte de naissance, copie intégrale V., philippe gérard.

Ref 5. Déclarations d’autosatisfaction. Elles sont innombrables, chaque responsable (mais jamais coupable ..) se croyant obligé d’y aller de son péan au meilleur système de santé du monde. A titre de choix arbitraire pour la psychiatrie :

Ref 6. Rivotril (clonazepam). Le Rivotril (dci : clonazepam) est une benzodiazepine indiquée uniquement dans le traitement de certaines formes d’épilepsie. Les études cliniques ont été faites par le Pr Henri Gastaud, doyen de la faculté de médecine de marseille, en 1972. Un hôpital spécialisé dans le traitement de l’épilepsie porte aujourd’hui son nom. La derniére notice patient éditée par l’AFSSAPS a été mise à jour le 26 novembre 2007. La commission des AMM, devant le nombre inquiétant d’usage du Rivotril en dehors de sa seule indication autorisée a demandé au laboratoire Roche de faire une mise en garde à l’attention des prescripteurs. Cette mise en garde à été faite en juin 2008. Les usages visés sont, entre autres, son utilisation comme sédatif puissant (douleur, calmer des patients agités). Il s’agit de simples habitudes en dehors de tout cadre réglementaire susceptibles en cas d’incident de sanctions civiles et pénales, en cas d’accident thérapeutique (art 221-6) ou simple mise en danger d’autrui par exposition à un risque immédiat de mort ou de blessure (art 223-1).

Ref 7. Lettre du parquet du TGI paris. Lettre du procureur du 11 septembre 2008 à Alain V., annoncant la désignation d’un juge d’instruction.

Ref 8. Etiquette d’admission Henry Ey. Le patient est jugé indépendant pour l’alimentation, la mobilité, la continence et l’habillage. Il est noté demandant une assistance partielle pour le comportement et la communication. Ces effets secondaires, dont le patient se plaint (ref 9) sont probablement dus au fluanxol prescrit depuis le 1er février 2008.

Ref 9. Lettre du 4/02/2008 du médecin-chef du secteur 75G19 à l’hopital Henry Ey pour demander l’hospitalisation.

Ref 10. Observations du docteur F. 18/02/2008

article mis à jour le 4 octobre 2008.





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