Diabéte et trouble bipolaire

mardi 6 mars 2007.


SYNDROME METABOLIQUE ET TROUBLE BIPOLAIRE

Un article de janvier 2007 de la revue en ligne psychiatrictimes.com fait le point sur les rapports intriqués entre le diabéte et le trouble bipolaire :

" Prevalence and Consequences of Metabolic Syndrome in Bipolar Disorder " par Dale A. D’Mello, MD, Supriya Narang, MD, and Gina Agredano, MD, January 2007, Vol. XXIV, No. 1

Les patients bipolaires ont un taux disproportionné de maladies cardiovasculaires comparés avec la population générale. Le trouble bipolaire est associé avec la perturbation des rythmes circadiens, l’insomnie, les troubles du sommeil, l’insomnie, troubles thyroïdiens et l’hyperactivité de l’axe sympathique médullaire. Toutes ces pathologies ont des conséquences métaboliques. La prévalence des troubles métaboliques est anormalement haute parmi les malades bipolaires. Et ce n’est pas certains neuroleptiques de deuxième génération qui arrangent les choses (zyprexa and co) en contribuant au gain de poids, à l’hyperglycémie et au diabéte.

Les notes sur les conséquences et complications du trouble bipolaire ont été mises à jour en conséquence.

LE COEUR DU SYNDROME METABOLIQUE

Un article récent de la revue Science LRP6 mutation in a family with early coronary disease and metabolic risk factors. (Sciences 2 mars 2007 ; 315 : 1278-1282 Mani A et al.)fait le point sur un allèle du gène LRP6 entrainant un syndrome métabolique. Pour ceux qui aurait la curiosité de le lire en détail voici le lien sur les données . Un autre article (Science 6 March 2007 Issue 376, p. tw77 The Heart of Metabolic Syndrome ? de Paula A. Kiberstis suggére un modèle pour la compréhension de ce syndrôme expliquant pourquoi c’est un facteur de risque de différentes maladies. (le trouble bipolaire n’est pas cité).

La maladie coronarienne en rapport avec l´athérosclérose est associée à des facteurs de risque bien connus que sont le tabagisme, l´HTA, une augmentation du LDL cholestérol, des triglycérides, une diminution du HDL cholestérol et le diabète. De façon surprenante, beaucoup de ces facteurs de risque s´agrègent entre eux plus souvent que ne le voudrait le simple hasard. C´est pour cette raison qu´a été construit le concept de le « syndrome métabolique » qui n´est que l´expression de cette agrégation de facteurs de risque et de la maladie coronaire et dont on cherche à savoir si une anomalie moléculaire unique pourrait être à l´origine de ces différents facteurs de risque et de la maladie coronarienne.

Dans la recherche de cette « anomalie commune », l´équipe de Richard Lifton a peut-être fait un pas important. Il s´est en effet intéressé à une famille caractérisée par la survenue d´une maladie coronarienne précoce. Dans cette famille, la survenue d´une coronaropathie précoce était autosomique dominante et les éléments du syndrome métabolique et de la maladie coronarienne précoce ont été trouvés en liaison génétique avec une petite portion du chromosome 12p dans laquelle ces auteurs ont identifié une mutation de LRP6, gène codant un co-récepteur de la signalisation de Wnt. Cette mutation qui substitue une cystéine pour une arginine dans un résidu très conservé du domaine EGF-like modifie la signalisation de Wnt in vitro. Pour la première fois, il existerait donc un lien entre la survenue d´une pathologie coronarienne et différents facteurs de risque du syndrome métabolique, le tout associé dans un défaut génétique unique de la signalisation de Wnt.

La signalisation de Wnt prend, avec cette découverte, de plus en plus de place au sein des facteurs de risque cardiovasculaire (on sait que des variants de facteurs de transcription répondeurs à Wnt sont à l´origine d´une altération de l´insulinosécrétion et d´un diabète de type 2). D´autres mutations dans d´autres facteurs de transcription en rapport avec Wnt entraînent un diabète de type 2 à début précoce. LRP6 étant ubiquitaire, on pourrait ainsi mieux comprendre le caractère très pléiotrope des modifications observées dans différents tissus conduisant aux différents facteurs de risque du syndrome métabolique.

Ref 1. Communiqué du HHMI Howard Hugues Medical Institute


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